Article de Ragemag.fr :Le football à l'heure des milieux de terrain bioniques

5 janvier 2014 - 14:40

Depuis toujours, le football est en constante évolution. Si toutes les lignes bougent conjointement, les postes se métamorphosent avec plus ou moins de vigueur selon les époques. Mais c’est souvent au milieu de terrain, dans le cœur du jeu, que les transformations sont les plus éloquentes. La période actuelle en témoigne avec force, tant nous assistons à l’éclosion d’une nouvelle catégorie de joueurs : les récupérateurs, relayeurs, meneurs, qui, à eux seuls, occupent toutes les fonctions jadis réparties entre les différents postes. Symbolisés par Marco Verratti, Paul Pobga, Adrien Rabiot ou autre Ilkay Gündoğan, ces joueurs sont les premiers à disposer de toutes les qualités nécessaires pour se sortir d’un pressing intensif et organiser les phases offensives de leurs équipes. Retour sur les bouleversements tactiques qui ont conduit à la naissance de ces milieux bioniques.

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1863 : et le football eut des règles.

A l’origine du football, les milieux de terrain n’existent pas. Cambrige 1863 : un gardien et dix attaquants ; voila comment les Anglais pensent leurs premières compositions d’équipes. Totalement adapté au divertissement, ce schéma permet le développement et l’attractivité de ce nouveau jeu. Point de rigueur tactique, mais dix hommes de chaque côté tentant de placer le ballon au fond des filets adverses. Le jeu est simple, vivant, les tableaux d’affichage s’affolent, mais la nuance est encore loin d’épouser le football.

Dix ans plus tard, lors d’un match contre le rival anglais, l’équipe d’Écosse a l’idée, alors géniale, de mobiliser quelques joueurs pour tenter de limiter l’accès à son but. Deux défenseurs et deux demis, nom donné aux premiers milieux, ont pour fonction de protéger le gardien. Eurêka. C’est la première étape d’un long processus qui rapproche sans cesse les joueurs de leur gardien. La rationalité commence à prendre le pas sur le spectacle au fur et à mesure que les premiers enjeux sérieux se dessinent. Le football est encore un jeu, mais plus tout à fait une plaisanterie.

La nouvelle révolution ne tarde pas à apparaître, elle porte le nom et le visage du mythique entraîneur d’Arsenal, Herbert Chapman, qui, à la fin des années vingt, initie le fameux schéma en WM, pensé pour répondre au bouleversement de la loi du hors jeu telle qu’elle fut édictée en 1925. Pour la première fois apparaît une véritable sectorisation et répartition des rôles de chaque joueur sur l’ensemble du terrain. Ce coup de génie tactique tient plus d’un quart de siècle, sans qu’aucun tacticien ne lui oppose une parade valable. Il finit par exploser un soir de mai 1953. La grande Hongrie, championne olympique en 1952 et future finaliste malheureuse du Mondial 1954, inflige à l’Angleterre un revers mémorable, 6-3, dans une partie que beaucoup considèrent comme le match du siècle et l’entrée dans le football moderne. L’organisation mise en place par le coach magyar Gusztáv Sebes réduit à néant l’efficacité du WM. Positionnés en 4-2-4 en phase défensive et en 3-3-4 en phase offensive, les partenaires de Puskas récitent une leçon de football qui continue de hanter les mémoires anglaises.

« La rationalité commence à prendre le pas sur le spectacle au fur et à mesure que les premiers enjeux sérieux se dessinent. Le football est encore un jeu, mais plus tout à fait une plaisanterie. »

Entre 1949 et 1956, Sebes dirigera l’équipe nationale hongroise à 66 reprises, présentant un bilan de 49 victoires pour 11 nuls et 6 défaites. L’organisation hongroise servira de base au grand Brésil des Coupes du monde 1958, 1962 et 1966, à l’exception près que la Seleção ne fera pas coulisser de milieu entre la défense et l’attaque en fonction des différentes phases de jeu. Dans ce schéma, quatre joueurs sont dédiés aux tâches défensives et deux milieux de terrain sont fixés au centre du jeu afin de stopper les attaques des demis adverses, tandis que les quatre autres joueurs sont en charge de l’animation offensive. Les milieux acquièrent une reconnaissance et un rôle défensif évident, d’autant plus que se développe parallèlement à ce système le fameux catenaccio Italien créé par Helenio Herrera à l’Inter de Milan, qui magnifie les vertus défensives et la discipline tactique.

1953 Hungary stampEn quelques décennies, les équipes sont passées de dix attaquants à cinq, puis quatre, avant que, dans une longue chute, certaines n’utilisent qu’un attaquant, voire aucun, comme le montra l’équipe d’Espagne lors du dernier Euro — ce qui ne l’empêcha pas de triompher avec la meilleure attaque (12 buts) ! Mais toutes les équipes n’ont pas le génie technique espagnol, et le fameux 4-2-3-1 made in Ligue 1, composé d’un seul attaquant et d’un milieu à peine offensif en soutien du grand planté devant, a pu, en dépit de ses vertus dans la lutte contre l’insomnie, décourager nombre d’amoureux du football spectacle….

Dans un mouvement logiquement inversement proportionnel à la réduction du nombre d’attaquants, le milieu de terrain a vu la densité de joueurs l’occupant augmenter au cours des dernières années, tandis que les défenses tendaient à se stabiliser autour de quatre éléments. Sur la partie médiane du terrain, une nouvelle bataille a émergé progressivement entre les meneurs, censés organiser le jeu de leur équipe et les milieux défensifs consacrant leur temps à détruire celui de la formation adverse.

La disparition du meneur de jeu

Dans cette guerre entre les créateurs et les destructeurs, le verdict n’allait pas tarder à tomber et les Platini et consorts n’auraient plus qu’à progressivement quitter le pré-vert pour se consoler dans les institutions du football. Désormais, il n’y a plus assez de places pour que l’artiste continue d’exercer son talent et distille les caviars en toute liberté. Parmi des dizaines d’autres, on peut par exemple se demander pourquoi un Juan Riquelme a eu tant de mal à s’imposer en Europe malgré un talent exceptionnel ? Certainement parce que ses entraîneurs successifs ne lui ont pas laissé la marge de manœuvre nécessaire pour exprimer pleinement son talent. Or de marge de manœuvre, les nouveaux systèmes n’en offrent plus. Placé près des attaquants, le meneur de jeu était dispensé des tâches défensives. En sa qualité de maestro, il devait garder l’influx nécessaire pour délivrer la passe millimétrée ou réussir le crochet apte à déstabiliser les défenseurs adverses.

« Dans cette guerre entre les créateurs et les destructeurs, le verdict n’allait pas tarder à tomber et les Platini et consorts n’auraient plus qu’à progressivement quitter le pré-vert pour se consoler dans les instances du football. »

Le parcours de notre Zizou national confirme l’hypothèse. Épanoui et efficace avec les Girondins de Bordeaux, il connaît des débuts délicats sous le maillot de la Juventus de Turin. Son positionnement hybride entre défense et attaque l’épuise et lui fait perdre sa lucidité. Il retrouve tout son éclat au bout de quelques mois grâce à un repositionnement rendu possible par les exceptionnelles prestations de son coéquipier récupérateur de l’époque, un certain Didier Deschamps. L’actuel sélectionneur de l’équipe de France permet à Zidane de se délester d’une partie des tâches défensives pour se focaliser sur ce qu’il sait faire de mieux : éclairer le jeu. Pourtant, sans la présence de l’infatigable gratteur de ballons Deschamps, point de salut. Le schéma s’est reproduit au Real Madrid où la présence de Claude Makelele a permis à Zidane de rayonner pour atteindre le firmament de sa carrière. Makelele ratissait et d’une passe courte trouvait le génie qui n’avait plus qu’à laisser parler sa classe.

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Juan Roman Riquelme : poète incompris du football ?

À ce stade, nous entrons dans un football où il n’est plus spécifiquement question de parler de défenseurs ou de milieux, comme si leurs rôles étaient totalement distincts. Il devient plus juste d’évoquer le bloc défensif (défenseurs et milieux défensifs), voire le bloc équipe (défenseurs, milieux défensifs, milieux relayeurs et offensifs). La fin du siècle dernier marque l’avènement d’une nouvelle dimension. La qualité athlétique est devenue primordiale voire prioritaire pour certains entraîneurs. L’impact physique par l’utilisation d’un pressing déclenché le plus haut possible est porté aux nues, après avoir été la marque de fabrique des deux derniers champions du monde des années quatre-vingt-dix, le Brésil de Carlos Alberto Parreira, symbolisé par Dunga et la France d’Aimé Jacquet, marquée par le pressing de Deschamps. Harceler le porteur du ballon afin de récupérer le cuir le plus haut possible dans le camp adverse, voilà le nouveau schéma à suivre. Il sera poussé à l’extrême ces dernières années par les équipes dirigées par le nouveau maître de la tactique européenne, José Mourinho.

Dans ce contexte, et particulièrement dans les systèmes en 4-4-2, avec deux milieux excentrés, ou ceux qui font appel à trois milieux polyvalents, le meneur de jeu à l’ancienne doit s’effacer ou n’exprimer qu’une parcelle infime de ses capacités. Le cas de Javier Pastore, le lunatique milieu du PSG, est de ce point de vue éloquent. Joueur brillant, l’Argentin est dans l’impossibilité d’exprimer son talent faute d’avoir su faire évoluer son jeu. Excellent passeur, il n’est ni suffisamment bon récupérateur pour s’affirmer dans l’entrejeu, ni suffisamment rapide pour postuler à une place d’ailier. Son positionnement et ses caractéristiques mettent en péril l’équilibre collectif parisien. Désormais, le PSG compte sur ses nouveaux milieux relayeurs pour enclencher la machine offensive. Ce rôle est assumé par le duo italien constitué du phénomène Marco Verratti et du chef d’orchestre Thiago Motta. Dans un registre similaire à Pastore, Pablo Aimar peut se prévaloir d’une carrière honnête, mais loin de ce qu’il pouvait espérer compte tenu de son immense talent. Les artistes sont morts… vivent les artistes.

La révolution Barça

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Et maître Cruyff changea tout à la tactique.

Le schéma de jeu n’est qu’une représentation statique des idées du technicien devenu manager. C’est aux joueurs de donner vie au tableau noir. La révolution barcelonaise illustre ce principe à la perfection. D’abord initiée par Johan Cruyff lorsqu’il entraînait les blaugrana dans les années quatre-vingt-dix, elle a été ravivée et perfectionnée dans la deuxième moitié de la décennie suivante par Frank Rijkaard, avant d’être hissée au rang de chef-d’œuvre par Pep Guardiola. Jeu basé sur un mouvement permanent du ballon, la tactique du Barça sort les joueurs de leurs rôles habituels, les obligeant à dépasser leur fonction, selon l’expression favorite des commentateurs de la chose footballistique. Le Barça peut évoluer sans pur avant-centre et se révéler extrêmement dangereux offensivement, tant 8 des 11 joueurs se projettent vers les buts adverses. Au milieu de terrain, il n’existe pas un, mais des faiseurs de jeu, qui combinent dans les petits espaces en multipliant les redoublements de passes. Xavi et Iniesta sont les joyaux barcelonais les plus souvent mis en valeur.Il convient de citer également un autre milieu de terrain capable de prendre ses responsabilités tant dans la récupération que dans la création en la personne de Sergio Busquets. Il illustre parfaitement cette nouveauté, comme avant lui, Rafael Márquez et surtout Yaya Touré. Joueur doté des capacités inhérentes à la récupération du ballon (sens du placement, opiniâtreté, impact physique), il développe des qualités de footballeur lui permettant de réussir la première passe devenue fondamentale dans le football moderne.

Autre illustre exemple de ce profil de joueur, le parisien Thiago Motta. Pièce essentielle du dispositif de Laurent Blanc, le joueur formé à la Masia barcelonnaise rayonne en cette saison 2013-2014. Ses statistiques en Ligue des champions parlent pour lui. Il est le joueur réussissant le plus de passes vers l’avant derrière les intouchables duos bavarois (Kroos et Ribéry) et barcelonais (Xavi et Iniesta).

Le temps des Didier Deschamps et autres Claude Makelele et leur sempiternel, « je récupère, je donne », est désormais révolu. Le milieu n’est plus seulement positionné pour récupérer le ballon et le transmettre au champion qui guidera l’équipe, il se doit de construire et proposer des solutions pour déstabiliser le bloc adverse. Avec ses trophées à la pelle conquis durant les dernières années, le Barça a rallumé la lumière sur le football de mouvements — sans enterrer le pressing qui reste dans ses fondamentaux — et redonné sa noblesse à un milieu de terrain hyper technique. Mais avant cette mutation profonde, évoluaient déjà des gaillards, le plus souvent outre-Manche, moins techniques, mais tout aussi volontaires, qualifiés de joueurs box to box. Ces derniers permettront d’établir la jonction nécessaire à l’éclosion des nouveaux milieux qui émergent ces derniers temps.

Des joueurs box to Box aux milieux omnipotents

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Jean Tigana : le précurseur ?

Dans les années quatre-vingt, Jean Tigana fut l’un des premiers avatars d’une génération de joueurs capables de récupérer le ballon et de se projeter vers l’avant. Patrick Viera, l’ancien capitaine d’Arsenal aujourd’hui retiré des terrains, se situe également dans cette grande lignée. Les spectateurs de Premier League ont désormais le privilège de voir évoluer ses alter ego aux qualités redoutables, comme Yaya Touré, Steven Gerrard ou Frank Lampard. Chacun dans un style différent, ils apportent du liant à leurs équipes respectives, l’Ivoirien ajoutant à la panoplie une technique et un physique irréprochables, préfigurant ainsi ses successeurs. Notons que les deux Anglais, Gerrard et Lampard, ont également développé des qualités de buteur très au-dessus de la moyenne pour des joueurs évoluant si loin de la cage adverse.Tous trois constituent ce fameux maillon indispensable pour passer extrêmement rapidement d’une phase défensive à une phase offensive. La volonté et l’impact physique qui accompagnent leurs chevauchées sont les principales caractéristiques de ces joueurs qui couvrent le terrain entre leur surface de réparation et la surface adverse. Blaise Matuidi est, à cet égard, et avec ses caractéristiques propres, leur digne héritier. Sans être doté d’une technique de haut vol, il combine les qualités de récupérateur et l’endurance d’un Makélélé avec l’obsession de se projeter vers l’avant une fois en possession du ballon.

« Désormais, c’est un seul et même joueur qui s’acquitte de ces tâches essentielles : harceler, récupérer, s’extraire du pressing adverse et construire l’attaque. »

La volonté toujours plus affirmée des managers de vouloir densifier leur bloc équipe oblige les joueurs à développer de nouvelles qualités pour s’extraire du pressing adverse et participer à la construction. Désormais, c’est un seul et même joueur qui s’acquitte de ces tâches essentielles : harceler, récupérer, s’extraire du pressing adverse et construire l’attaque. Une nouvelle génération de joueurs possède ces caractéristiques dès leur formation. Ces nouveaux milieux représentent la croisée des époques. Ils allient combativité, sens du devoir des milieux défensifs classiques, qualité technique très supérieure à la moyenne et vision du jeu des meneurs de jeu à l’ancienne. Parmi eux, se dégage un quatuor magique de gamins insensibles à la pression et à l’enjeu croissant du monde du football : Verratti, Pogba, Rabiot, Gündoğan.

À la différence des joueurs box to box, ils n’ont pas adapté leur jeu ; ils ont été formés pour répondre aux nouvelles problématiques tactiques et sont pour la plupart de fins dribbleurs. Ces qualités techniques hors normes leur permettent également d’ajuster une transversale de 40 m après avoir ferraillé pour récupérer le ballon et s’être débarrassé du pressing de trois adversaires grâce à un exploit individuel. Ils se nomment notamment Paul Pogba, Marco Verratti, Adrien Rabiot, ou Ilkay Gündogan.

FOOTBALL : Juventus Turin vs Lazio Rome - Supercoupe - Italie - 18/08/2013

 

Paul Pogba : déjà star.

Les quatre fantastiques

Champion du monde des moins de 21 ans, avec le titre de meilleur joueur à la clé, champion d’Italie dès sa première saison avec la Juve, Paul Pogba attise déjà toutes les convoitises, au point qu’il se murmure que le PSG envisage de lui offrir un contrat de star mondiale dès l’an prochain. Au sein d’une Juve qui deviendra championne d’Italie, il gagne rapidement ses galons de titulaire. Placé au cœur du jeu turinois, au côté d’Andrea Pirlo et du Chilien Arturo Vidal, son impact physique, ses qualités de récupérateur et sa science tactique lui permettent de gratter de nombreux ballons dans l’entrejeu puis de les distiller à la perfection. Quand le besoin s’en fait sentir, il se projette vers la surface adverse avec une réussite exceptionnelle. Déjà 10 buts en Série A en à peine une cinquantaine de matchs, le plus souvent des frappes exceptionnelles qui font se lever le Juventus Stadium. Ses performances en club lui ont permis d’intégrer la sélection nationale et de ne plus en bouger. Comme Antonio Conte, Didier Deschamps l’a installé rapidement en position de titulaire dans un triangle composé avec Yohann Cabaye et Balise Matuidi. Puissant, solide au contact, doté de qualités techniques impressionnantes, le géant turinois, élu Golden Boy 2013, soit le meilleur joueur européen de moins de 21 ans, s’annonce comme un élément au potentiel exceptionnel, d’autant plus qu’il affiche un mental rarissime pour son âge, à la différence de nombre de pépites françaises des années précédentes.

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Marco Verratti, bon comédien, superbe joueur.

Comparé à tort à Andrea Pirlo, le Transalpin Marco Verratti fait également déjà partie des grands. Il est la plus belle trouvaille de la cellule de recrutement du PSG qui est allée l’arracher à Pescara, en deuxième division italienne, pour une somme de 10 millions d’euros, qui avait, à l’époque, fait sourire la plupart des observateurs de la Ligue 1, prompts à railler les dépenses somptuaires des Qataris. Devenu international italien et titulaire en club à tout juste 19 ans, l’artiste transalpin est sans doute le joueur de Ligue 1 auquel il est le plus difficile de prendre le ballon. Sa qualité de conservation et sa faculté à se jeter dans la bataille font de ce petit gabarit un redoutable milieu défensif. Quelques semelles distribuées sur les chevilles adverses ont confirmé sa fougue et son engament total. Son exceptionnelle vista et son toucher de balle lui permettent de trouver le bon joueur dans le parfait tempo, que ce soit ses attaquants, les latéraux qui se projettent ou les milieux qui apportent le surnombre. Les seules craintes le concernant touchent aux défauts de ses deux principales qualités. Le premier tient dans son amour du jeu qui le conduit parfois à se mettre dans des situations embarrassantes aux abords de sa surface, quand, multipliant les dribbles entre une forêt de jambes, il se permet la gourmandise de trop qui peut le voir perdre le ballon. Qu’importe, il ira ensuite se battre comme un chien pour le récupérer. Le second tient dans son caractère batailleur qui, outre de tétaniser ses adversaires, le voit trop souvent, dans une caricature toute transalpine, apostropher en permanence des arbitres peu sensibles à ses arguments. Ainsi, en une saison et demie de championnat, il a déjà recueilli la bagatelle de 16 cartons jaunes et un rouge, tutoyant l’un des records les moins convoités du football. Pourtant, ces défauts signalent une autre qualité parmi les plus intéressantes du joueur italien. Il a pris conscience de ses faiblesses et les a en grande partie gommées ; d’où une marge de progression encore impressionnante. Ainsi, après un début de saison où sa science du football se conjuguait avec ses caractéristiques les plus agaçantes, Marco Verratti, bientôt père, s’est considérablement assagi ces derniers mois, sans rien perdre de son talent, ni de l’aspect positif de son engagement. Il livre avec une déconcertante régularité pour un joueur de cet âge des parties proches de la perfection en touchant presque systématiquement plus de 100 ballons par match.

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Adrien Rabiot

Son coéquipier Adrien Rabiot bat lui aussi des records de précocité. A seulement 17 ans, le gamin est aligné en Ligue des champions lors de la rouste infligée au Dinamo Zagreb (4-0). Leader technique et tactique de l’Équipe de France des moins de 19 ans, finaliste du dernier Euro de sa catégorie d’âge, il s’inscrit dans la lignée de son aîné Pogba. Revenu d’un prêt d’une demi-saison à Toulouse où il a brillé sous les ordres d’Alain Casanova, le protégé de Laurent Blanc, dont on vous prédisait l’éclosion en début de saison, impressionne par son calme et sa maîtrise technique. De plus en plus utilisé par le Président, Rabiot possède la faculté d’éliminer très facilement plusieurs adversaires dans un périmètre restreint, qualité rare pour un joueur de sa taille (1,88 m), et une remarquable qualité de passe, souvent de l’extérieur du pied. Et quand il s’agit de mettre l’intensité nécessaire pour récupérer le ballon, le jeune répond présent en plus d’être doté d’un excellent jeu de tête. S’il n’évoluait pas au sein d’une équipe disposant d’un des meilleurs milieux du monde, Rabiot postulerait sans doute au poste de maître à jouer de son équipe, comme l’est l’allemand Ilkay Gündoğan.

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Ilkay Gündogan

A l’instar de ses petits camarades, bien que légèrement plus âgé qu’eux (23 ans), le joueur s’est déjà forgé un beau palmarès avec un titre national en 2012 et une finale de Ligue des champions avec son club du Borussia Dortmund. Installé au cœur du jeu d’une des équipes les plus séduisantes d’Europe, les performances du joueur allemand lui permettent d’être convoqué en équipe nationale par le sélectionneur Joachim Löw. Un joueur inspiré, tranchant et doté de crochets déroutants, à propos duquel Jorgen Klopp, son entraîneur au Borussia, ne tarit pas d’éloges : « C’est un joueur qui s’est avéré d’une grande importance tactique. C’est assez extraordinaire. Il y a peu de joueurs qui peuvent faire cela. » Déjà pressenti pour la prochaine saison au Real Madrid que vient de quitter on compatriote, lui aussi d’origine turque, Mesut Özil, il est la parfaite illustration de ces nouveaux milieux à la fois numéro 6, 8 et 10. Présent à la récupération, même s’il excelle moins dans l’exercice que Pogba ou Verratti, sa vision de jeu, son calme et sa qualité de passe le placent au top niveau mondial à son poste.

Ces joueurs constituent une nouvelle espèce de milieux qui laissent augurer un football à nouveau fondé sur la technique et le mouvement, tout en conservant l’intensité physique qui s’est généralisée durant les années quatre-vingt-dix. Avec eux, mais aussi Jack Wilshere et Aaron Ramsey (Arsenal), Javi Martinez (Bayern) et autre Mateo Kovačić, tous les espoirs sont permis.

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